Plan de rénovation énergétique 2018 - un article smartgreen
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Plan de rénovation énergétique 2018, les bonnes questions, peu de réponses

Un plan ambitieux

Le Plan de rénovation énergétique 2018 actualise les plans précédents en intégrant les mesures décidées lors des accords de Paris en 2015 et en tirant les leçons des plans précédents. Il confirme un objectif très ambitieux, et non tenu jusqu’alors, 500.000 logements rénovés par an et la neutralité carbone à l’horizon 2050.

Un plan ambitieuxOn sait que le secteur du bâtiment est très énergivore (plus de 40 % de la consommation énergétique) alors que les technologies disponibles permettent de réduire considérablement sa  consommation.

Au plan social prés de 4 millions de ménages sont en état de précarité énergétique et 7 millions de logements sont très mal isolés (classés F et G).

L’ambition du Plan de rénovation est double : lutter contre le changement climatique et améliorer le pouvoir d’achat des plus défavorisés.

L’objectif est ambitieux :

  • 500 000 logements rénovés par an, dont 100.000 logements sociaux et 150.000 logements de foyers modestes. C’est environ 2 fois plus qu’actuellement.
  • Atteindre le niveau BBC (Bâtiment Basse Consommation) pour l’ensemble du parc d’ici 2050. Pour information, la moyenne du parc actuel consomme 3 fois plus.

Face à ces chiffres la rénovation énergétique des bâtiments est actuellement beaucoup trop lente. Les difficultés techniques liées aux travaux et les problèmes de financement en sont les principales causes.

« La concertation a permis de mobiliser tous les acteurs de la rénovation sur un objectif commun, la neutralité carbone en 2050, et de se fixer collectivement comme ambition la rénovation de 500 000 logements par an dont la moitié occupée par des ménages aux revenus modestes » a déclaré Nicolas Hulot.

4 axes directeurs

Les mesures proposées s’articulent autour de 4 axes.

  • 1 : faire de la rénovation énergétique des bâtiments une priorité nationale. Des objectifs précis et la mise en place d’indicateurs de la rénovation énergétique seront mis en place. Tous les acteurs doivent être associés aux programmes. Un observatoire national disposera de toutes les données de rénovation.
  • 2 : augmenter le volume de logements rénovés. Cet axe doit permettre de réduire les coûts tout en luttant contre la précarité énergétique. Le parcourt des travaux et des aides publiques doit être facilité et rendu plus lisible. Une « signature commune » de tous les acteurs de la rénovation devrait renforcer la confiance des foyers.
  • 3 : accélérer la rénovation et les économies d’énergie  des bâtiments tertiaires. Le parc de bâtiments publics doit faire l’objet de rénovation plus rapide. Les utilisateurs seront également incités à un comportement plus sobre en énergie.
  • 4 : renforcer les compétences et l’innovation  Il est prévu d’accélérer la montée en compétence de la filière du bâtiment et d’encourager l’innovation, notamment en favorisant les dispositifs numériques.

Les principales mesures

Les moyens alloués représentent plusieurs milliard d’euros par an dans la durée, dont une partie sous forme de prêts aux bailleurs sociaux et aux collectivités territoriales. Les obligations de certificats d’énergie seront largement renforcées pour aider les travaux de rénovation, une partie étant réservée aux foyers les plus modestes.

32 mesures ont été retenues. Parmi celles-ci le gouvernement met en avant 6 mesures phares :

  • Créer un fonds de garantie pour les ménages aux revenus modestes. Ce fond permettra d’obtenir un prêt, jusqu’alors aléatoire, pour financer le montant des travaux dépassant les aides publiques.
  • Fiabiliser le DPE (Diagnostic de Performance Energétique). La confiance dans le coût et la qualité des travaux reste insuffisante. Une méthode revue et unifiée et plus de contrôles doivent conduire à une étiquette énergie plus fiable. Les aides et les réglementations  pourront être alors être basées sur ce diagnostic.
  • Renforcer le label RGE (Reconnu Garant de l’Environnement). Une meilleure formation des professionnels et des vérifications devraient consolider la confiance des ménages.
  • Les principales mesuresCréer une prime associée à l’éco prêt. La prime sera basée sur l’amélioration du DPE. Elle vient remplacer le crédit d’impôts pour la transition énergétique (CITE), jugé peu incitatif, et sera perçue dés la fin des travaux. L’éco prêt à taux zéro sera attribué dans les mêmes conditions, simplifiant ainsi les démarches.
  • Faciliter la rénovation des bâtiments publics. Les Contrats de Performance Energétique seront plus largement mis en place. Ils permettent aux entreprises d’investir à la place des collectivités et de se rémunérer sur les économies réalisées.
  • Créer une start-up dédiée à la rénovation des bâtiments publics. Son rôle sera de mutualiser les moyens et de lever les freins de toutes sortes, notamment dans les petites collectivités. C’est la mesure la plus innovante, même si la notion de start-up gouvernementale peut surprendre.

Un nouveau thermomètre de la performance énergétique, une confiance accrue dans les acteurs de la rénovation, la simplification des démarches et un renforcement des moyens financiers, notamment vers les foyers les plus modestes, sont les principales innovations du plan actuel.

Ces mesures sont sans doute nécessaires pour lever certaines difficultés constatées aujourd’hui. On ne voit pas comment elles peuvent parvenir à doubler le rythme des rénovations, condition pour atteindre les objectifs fixés.

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